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Blanche d'Antigny
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    Qui est Blanche d’Antigny?                    

            Certains parmi nous l’ont su ou le savent. Il s’agit sûrement du personnage le plus ambigu et le plus controversé de l’histoire de Martizay.

       Quels sont les liens avec Martizay?

            Blanche d’Antigny est née le 9 mai 1840 à Martizay sous le nom de Marie Ernestine Antigny, fille de Jean Antigny et Eulalie Florine Guillemain. Elle a vu le jour dans l’actuelle boulangerie Bergeault, au premier étage selon les maîtres des lieux.

            Son père Jean Antigny était sacristain de notre église St Etienne, selon l’acte de naissance de Marie Ernestine, et menuisier, selon d’autres sources littéraires. Son atelier n’existe plus. Il correspond à ce que la mémoire collective appelle « la forge » et qui s’est effondrée. À la place un bâtiment plus moderne est construit. Il s’agit de l’actuel café Tricoche.

reproduction - visage de Blanche d'Antigny en profil- fonds Joseph Thibault - Archives départementales de l'Indre

reproduction - visage de Blanche d'Antigny de facel- fonds Joseph Thibault - Archives départementales de l'Indre

Blanche d’Antigny est de familles d’artisans vivants dans le bourg de notre commune. Sa naissance nous montre la présence d’activités économiques artisanales implantées et actives dans notre bourg en 1840. Activités devenues moins nombreuses sans pour autant disparaître totalement.  

             M Jean Antigny migre en 1847 à Paris en laissant femme et enfants. Plus tard, la mère de Blanche d’Antigny part également à Paris. Elle confie ses trois enfants, dont Blanche, à sa belle soeur de Mézières en Brenne, Marie Radegonde mariée à Charles Marche.

            Marie Ernestine alias Blanche d’Antigny s’est élevée dans les rues et les chemins de Martizay jusqu’à l’âge de 7 ans. L’écrivain Guy Vauzat présente dans son livre le témoignage de madame Mérigaud qu’il dit être bientôt centenaire:

             « Il me semble la voir encore jouer avec moi et nos petites camarades, dont j’étais l’aînée. C’était une jolie petite fille au teint de lait, blonde comme les moissons, vive, grande et forte pour son âge. Elle n’avait pas l’air d’une < berlaude> je vous assure! Gourmande, comme la plupart des enfants, elle croquait toujours quelque friandise et de préférence des pralines. Coquette ... elle l’était déjà, certes! Comme sa chevelure abondante s’échappait de ses tresses et flottaient au vent, la gamine demandait à sa cousine Clarisse Antigny de la coiffer à la pommade, pour avoir les cheveux plaqués et luisants comme ceux des bohémiennes. Un jour que le pot de philicome à la violette était vide, Clarisse lui versa abondamment sur la tête de l’huile de noix. Blanche courait toujours les rues et les sentiers et ne rentrait à la maison qu’aux heures des repas et à la nuit. Le dimanche, elle allait aux offices, se plaçait auprès de son père au lutrin et chantonnait de son mieux. A la sortie de l’église, toute faraude, elle nous faisait admirer sa robe blanche, son bonnet de dentelle, ses rubans bleus. Elle aimait déjà les falbalas! »

Cité page 6 dans VAUZAT, Blanche d’Antigny, actrice et demi-mondaine

            Sans remettre en cause la validité de cet unique témoignage de l’enfance de Blanche à Martizay, il ne faut pas perdre de vue que plus de quatre-vingts ans séparent les faits et le moment où ce témoignage est noté! De plus l’auteur a peut-être utilisé sa plume pour arranger les dires de madame Mérigaud. Enfin cette dernière est presque centenaire lors de son témoignage.

            Tels sont les liens qui unissent Blanche d’Antigny à notre chère petite patrie.

            Qui est-elle?

            En 1858, Blanche d’Antigny débute au théâtre à Paris. Elle a 18 ans! Elle est modèle pour le peintre Paul Baudry pour le tableau « La Madeleine pénitente » (actuellement au musée de Nantes).

        En fréquentant les grands cafés parisiens et le persona grata du monde du théâtre, elle intègre rapidement ce milieu.

reproduction du tableau original au musée de Nantes - La Madeleine pénitente (Blanche d'Antigny modèle)- fonds Joseph Thibault - Archives départementales de l'Indre

reproduction - Blanche d'Antigny en grande robe- fonds Joseph Thibault - Archives départementales de l'Indre

           Elle suit un amant russe jusqu’à St Pétersbourg où elle joue. Mais elle est renvoyée sur l’ordre de la tsarine pour sa conduite peu orthodoxe. Elle se produit à Hambourg puis à Paris. Elle y concurrence et jalouse Léa Silly, Van Ghell et Hortense Schneider. De succès en succès on lui propose des rôles de plus en plus importants. Elle est très connue du tout Paris.

            En effet l’absence de nos médias contemporains tels télévision, radio, cinéma explique que le XIXème siècle vit sous l’emprise de la presse écrite et du théâtre. L’aura de Blanche d’Antigny est à comparer avec nos grandes vedettes médiatiques contemporaines. Elle est souvent le sujet d’articles de journaux, du « Figaro » au « Gaulois » en passant par « l’Eclipse » et la « Vie Parisienne ». Elle devient riche en argent et en amants.

            Elle participe en ambulancière au siège de Paris en 1870 et rejoint Versailles pendant l’épisode de la Commune. Lâchée par son amant banquier-protecteur, elle part faire fortune à l’étranger. Elle entame une tournée au Caire et à Alexandrie. De retour à Paris, elle vit au Grand Hôtel du Louvre.

           Atteinte de la fièvre typhoïde, elle meurt le 30 juin 1874 au 93 boulevard Haussmann. Un des quartiers les plus en vue en cette fin du XIXème siècle. L’office a lieu dans l’église St Augustin dans l’actuel 8ème arrondissement de Paris. Elle est enterrée au Père Lachaise.

reproduction - Blanche d'Antigny ambulancière lors du siège de Paris de 1870- fonds Joseph Thibault - Archives départementales de l'Indre

            Mais pourquoi s’est-elle installée dans notre mémoire collective?

            Parce qu’elle a réussi une carrière d’artiste et fut populaire?

            En partie certes mais aussi parce qu’Emile Zola utilisa la vie de Blanche d’Antigny pour écrire un de ses plus illustre épisode des Rougon-Macquart, son fameux roman « Nana ».

photographie Arnaud Dieudonnet (Paris-1997)- État de la chapelle au Père Lachaise où est Blanche d'Antigny

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